Le cynisme de l’échange

Le problème de la rente a été soulevé lors des débats sur les monopoles et leur rôle dans les échanges mondiaux. On est passé de la rente à sa recherche, sous l’influence (théorique et pratique) des anglo-saxons.
La remise en cause par les ultra-libéraux (comme F. Hayek) du rôle de l’État se traduit par une mise en accusation de toutes les politiques publiques. L’absence d’approche normative de l’État et de ses fonctions laisse place à un accompagnement du rôle de l’État au moindre coût. La rente est conçue comme le produit d’une insuffisance concurrentielle et le chercheur de rente comme celui qui, dans un lieu d’insertion, est un maillon nécessaire à l’efficacité de l’État. Sa soumission aux sollicitations des chasseurs de rente pèse sur les formes d’affectation de la rente et les critères de redistribution...
Le bornage entre économie de marché et économie publique (ou entre économies développées et en développement) s’efface.
Comment rétablir la fonction d’arbitrage de l’État par le recours à la règle ? Les théories de la prédation cherchent à articuler recherche de la rente et analyse positive du rôle de la règlementation.

1. L’ADAPTATION DE LA RECHERCHE DE RENTE AUX TRANSFORMATIONS DU COMMERCE INTERNATIONAL

La rente est le produit d’une insuffisance de l’ordre concurrentiel. Sa recherche provient de l’activité redistributrice de l’État, qui entraîne une compétition des divers groupes pour sa captation. Les chercheurs de rentes sont ces groupes qui sont offreurs de voix électorales en échange de réglementations et d’aides en leur faveur provenant de politiques.
Le chercheur de rente a réussi à identifier un lieu d’insertion et à s’y positionner : il y apparaît comme un maillon nécessaire à l’intervention de l’État.

La rente a un coût. Elle entraîne un gaspillage social dont l’évaluation quantitative est délicate mais qui ne bénéficie qu’à un petit nombre au détriment de la collectivité. Elle est rendue possible par l’affaiblissement de l’État.

La désétatisation permet aux chercheurs de rentes de s’immiscer dans les rouages administratifs et d’exercer leurs pressions vers les instances supra-nationales. Dès lors, l’échange international est organisé et régulé par des groupes privés obéissant à des logiques tribales

2. POURQUOI LA MONNAIE EST ABSENTE DU DEBAT SUR LES ECHANGES INTERNATIONAUX

La position désormais acheteur des pays du Tiers-Monde est responsable d’une hémorragie de devises qui est mal gérée, aussi bien du point de vue du négoce que de l’intervention sur les cours des changes. La désétatisation et l’inorganisation en bloc commercial des pays du Sud face à une offre qui, au Nord, est monopolistique augmente l’inégalité qui domine les échanges. Curieusement, les débats sur l’échange international ignorent la monnaie alors que ses conséquences sont au moins aussi importantes que les barrières douanières, les coûts, etc.

3. LA LIBERTE DES ECHANGES CONDUIT-ELLE AU DEVELOPPEMENT

Dans les années 1980, le libre échange a été présenté comme la solution miracle au problème de la dette ; en fait, la libéralisation s’accompagne de la constitution de blocs régionaux qui contredisent les principes du G.A.T.T. Seul, le capital circule réellement librement. L’opacité des mouvements financiers permet un recyclage facile de l’argent sale. Les acteurs sociaux et les États ont perdu tout contrôle du partage des richesses.

Cette globalisation s’accompagne d’une montée en puissance des firmes transnationales, qui contrôlent ainsi un tiers de la production industrielle mondiale et échappent aux fiscalités nationales. Mais où sont passés les profits tirés de la délocalisation ? Pourquoi ne sont-ils pas réinvestis en France sous forme d’emplois ?

Les pays du Nord invoquent avec cynisme les droits de l’homme pour légitimer un retour du protectionnisme alors que les pays du Sud, maîtrisant mieux les règles de l’échange, défendent l’intégration dans le commerce mondial.

4. QUELS NOUVEAUX ACTEURS DANS LES ECHANGES INTERNATIONAUX ?

La fonction de négoce est devenue primordiale. Elle peut être mise en œuvre plus facilement par les grands groupes qui possèdent la capacité d’anticiper, d’intervenir en amont et en aval de leur industrie, de mobiliser des capitaux importants, d’être présents dans différentes parties du monde sur l’ensemble de leur filière de production et se diversifier.

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    Confronté-e-s à ce régime brutal d’austérité européenne qui continue de transformer nos vies en des biens financiers de spéculation globale, violant chaque jour le droit universel au logement, détruisant la démocratie à tous les niveaux et ne présentant aucune solution socialement acceptable à la crise du capitalisme, nous partageons l’orientation commune que l’alternative nécessaire à ce barbarisme ne peut être construite qu’à travers des mouvements sociaux élargis pour une intégration sociale européenne alternative.

    À Amsterdam, Athènes, Berlin, Budapest, Dublin, Düsseldorf, Genève, Lisbonne, Lorient, Malaga, Milan, Paris, Poznan, Rotterdam, Rouen, Rome, Toulouse, et Varsovie des actions auront lieu pour dénoncer la spéculation et pour exiger au niveau national et européen le respect et l’application du droit au logement pour toutes et tous.

    PARIS – SAMEDI 19 OCTOBRE RDV 14h – Place de la République

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