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L’essentiel de l’Aitec > Droit au logement et droit à la ville

Henri Lefebvre, le droit à la ville, vers la sociologie de l’urbain

A l’occasion de la parution de son ouvrage : "Henri Lefebvre, Le droit à la ville, vers la sociologie de l’urbain", Laurence Costes nous fait (re)découvrir la pensée d’Henri Lefebvre. Présentation suivie d’une discussion et d’un repas (20h30).

Textes fondateurs :

Notre approche :

Le 17 mars 2009 à 19h30 au CAFE ASSOCIATIF "LA COMMUNE LIBRE D’ALIGRE (3 rue d’Aligre 75011 Paris) contact : david.aitec@reseau-ipam.org - 01 43 71 22 22 Lire Henri Lefebvre. Le droit à la ville. Vers la sociologie de l’urbain

Présentation (extrait de l’introduction)

Ce livre ne prétend nullement à l’exhaustivité de la pensée d’Henri Lefebvre, ni même de ses analyses et théorisations sur l’urbain. Il vise seulement à présenter parmi les grands textes des sciences sociales, l’un de ses ouvrages consacré à la ville et à resituer celui-ci dans une démarche historique sur la constitution d’un champ de la sociologie consacré à l’urbain. Il s’agit également de contribuer à mieux faire connaître aux jeunes générations la pensée de cet auteur dont les livres, jusqu’à récemment, n’étaient pas toujours aisés, voire impossibles à trouver, beaucoup n’étant plus réédités. Autant les références à Henri Lefebvre étaient nombreuses sinon innombrables en France dans les textes sociologiques des années 1960 à 1980, autant elles se sont raréfiées, quand elles n’ont pas disparu, dans les écrits contemporains. Cet « oubli » doit probablement être rapporté à l’évolution du champ des sciences sociales où le marxisme, auquel est souvent associé Lefebvre, ne parait plus susciter le même intérêt parmi les chercheurs, les enseignants et les intellectuels en général.

La pensée d’Henri Lefebvre souffre également, aujourd’hui, d’avoir revêtu une importance stratégique dans la mesure où ce penseur fut non seulement le témoin, mais aussi l’un des acteurs centraux, d’une sociologie à vocation militante et critique mobilisant une approche globale dans l’interprétation de la société, qui se distingue d’une partie de la sociologie contemporaine. Depuis une ou deux décennies, en effet, celle-ci tend à s’enfermer dans des champs plus étroits où l’interprétation des mutations actuelles se réfère le plus souvent à des « paradigmes locaux » plutôt qu’à de vastes modèles explicatifs. La lecture du Droit à la ville permet précisément de se rendre compte de cette évolution. En ce sens, sa présentation est aussi un moyen de parer à la perte des savoirs issus d’une période antérieure, de renouer avec une certaine conception de la sociologie, en rappelant son apport sur le plan théorique, notamment dans le champ de l’urbain, de souligner l’actualité de ses questions présentes dans les débats contemporains consacrés à la ville, ne serait-ce qu’en creux et dans leurs non-dits. Mais le choix de cet ouvrage résulte surtout du fait qu’il a provoqué une prise de conscience dans l’histoire des idées, de la perception de la ville comme enjeu de société. Le droit à la ville annonce l’éclatement et la fin de la ville historique au profit d’une nouvelle réalité, celle de l’urbain. Il propose de mettre le droit à la ville au rang des autres droits essentiels. À travers ce « manifeste », Lefebvre a fortement contribué, non seulement à extraire l’espace de ses carcans scientifiques, ou présentés comme tels, mais aussi à ouvrir une nouvelle réflexion sur l’approche de l’urbain et de la ville. Ouvrage emblématique de l’approche lefebvrienne du phénomène urbain, Le droit à la ville laisse également son empreinte dans les écrits théoriques étrangers, en particulier anglo-saxons et latino-américains, voire asiatiques, consacrés à l’urbain. Mais son influence est aussi perceptible dans le milieu des architectes et des urbanistes. Après avoir marqué toute une génération de son vivant, Lefebvre reste présent au travers des projets d’un courant international demeuré très actif parmi les maîtres d’œuvres et les hommes (ou les femmes) de l’art urbain, qu’il s’agisse de certaines tendances « post-modernistes » ou du « new urbanism ».

Le souci pédagogique nous a conduits à organiser cette présentation en trois parties : La première s’attache à resituer le contexte historique qui a donné naissance à la réflexion qui sous-tend cet ouvrage. Il s’agissait d’évoquer les débats plus vastes qui ont accompagné tout un pan de l’histoire urbaine qui débute, ici, au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Ces évènements nous permettront de retracer les étapes qui ont jalonné la constitution d’une pensée sociologique sur l’urbain, en rappelant les échanges intellectuels entre Lefebvre et les différents auteurs qui sont à l’origine de l’émergence de cette thématique et de l’annonce de cet ouvrage. La deuxième partie s’attache à une présentation du Droit à la ville. Il s’agit d’un commentaire qui suit l’ordre d’apparition des différents chapitres qui le composent. Ce choix obéit à la visée didactique de cette collection. L’importance donnée au commentaire de chacune des parties tient à leur poids théorique et à leurs effets pratiques sur le champ de l’urbain dans le contexte social et historique évoqué en première partie. Enfin, la troisième partie sera consacrée à la réception de l’ouvrage au moment de sa parution et à son impact non seulement sur l’évolution de la sociologie de l’urbain, y compris dans son orientation actuelle, mais aussi, par le biais des thèmes abordés par l’auteur sur les politiques urbaines menées par la suite.

Pour aller plus loin :