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Cycle "Quels développements" à l’université d’été du Crid - Lille 2006

Publié par , le 5 mars 2007.





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La problématique

Symbole de l’émancipation post-coloniale des années 50 aux années 80, le développement a justifié toutes les expérimentations politiques et économiques, de l’industrialisation massive à la lutte contre la pauvreté via les ajustements structurels ; enrichi d’épithètes (humain, social, autocentré, durable...) il incarne aujourd’hui, pour certains, la domination occidentale exprimée en politiques internationales, fondée sur une vision productiviste insoutenable pour la planète et ignorante des « métabolismes sociaux » ; pour d’autres le développement demeure, par les objectifs universaux dont il se réclame, une base pour la réflexion, la négociation et l’action.

La critique des dégâts du progrès, de la société de consommation et de ses aliénations, l’appel à des modes de vie plus sobres et en prise avec la nature ne sont pas l’invention des défenseurs de la décroissance ; mais la question se pose avec une acuité toute nouvelle depuis que quelques grands pays « émergents » (Chine, Inde, Brésil...) se sont installés dans des rythmes de croissance très forts et ont ainsi rejoint le club des pays privilégiés qui pensaient leur modèle de progrès soutenable pour la planète dès lors que personne d’autre n’y prétendrait. Le gaspillage des ressources naturelles, la prédation et la constitution d’économies rentières reposant sur l’exploitation des richesses de la biosphère, l’accroissement des inégalités sociales au Nord et la persistance d’une pauvreté criante dans beaucoup de pays du Sud sont aujourd’hui connus des citoyens, qui aspirent à des modes de vie et de relations équitables et durables.

Que le paradigme croissantiste des Trente Glorieuses ait vécu est une certitude : son incapacité à assurer seul l’emploi et la cohésion sociale est admise. Que les équilibres écologiques ne survivraient pas à sa transposition à l’ensemble des sociétés aspirant à la prospérité en est une autre. Mais le défi de la pauvreté et de l’absence de services universels demeure à grande échelle au Sud et les inégalités sociales se creusent au Nord. Comment y répondre sans générer des ressources à redistribuer ? Le débat dépasse bien sur le clivage Développement versus Décroissance... Les réponses se résident exclusivement ni dans des variables d’ajustement techniques à un modèle développementiste qui resterait la norme, ni dans un impossible retour à un ordre social mythifié. Il s’agit de redéfinir ensemble des choix : politiques (quelle démocratie pour quelle architecture internationale, quelles règles de droit et quel contrôle citoyen ?), économiques (quelle place pour l’agriculture, quels transferts de technologie, quels systèmes de production industriels, quels modes d’organisation et de fourniture des services publics...) et donc philosophiques (quelles règles du vivre ensemble, quelles valeurs collectives et règles communément admises, quelle conception de la justice sociale... ).

L’enjeu se cache dans les fondements éthiques et politiques du développement ? Le défi serait de refonder la notion de développement d’un contenu théorique nouveau qui tienne compte des échecs socio-économiques et des impasses écologiques. En pensant les rôles et les responsabilités pour les différents acteurs politiques, économiques et sociaux à toutes les échelles : on ne peut en effet penser de développement sans légitimité, donc sans démocratie et sans appropriation par chacun.

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