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Eau, service public et industrie extractive en Tunisie : les droits humains otages des intérêts privés.

Publié par , le 9 février 2015.

DESCEnvironnementResponsabilité sociale des entreprises



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Ce rapport explore et analyse les difficultés auxquelles sont confronté les femmes et les hommes du centre et du sud de la Tunisie en matière d’accès à l’eau, et présente à la fois les causes structurelles et occasionnelles des défaillances du service public. Il analyse également le niveau de responsabilité et l’impact des entreprises multinationales du secteur pétrolier dans les difficultés environnementales et sociales du sud tunisien. Enfin, il apporte des éléments de réflexion sur le rôle et le comportement de l’État et de ses représentants dans le domaine de la gestion des ressources énergétiques, ainsi que sur la gouvernance du secteur pétrolier en Tunisie.

L’aspiration d’un peuple à la justice sociale, économique et écologique ne peut se réaliser que par la mise en place d’un système politique qui intègre les revendications citoyennes et les problématiques réelles de sa population dans l’organisation économique et sociale du pays. C’est ce vers quoi tend la Tunisie actuellement, sans que cela ne se traduise encore par de vrais changements pour la majeure partie de la population. C’est bien là que résident tout l’espoir et l’engagement de la société civile et des Tunisiennes et Tunisiens au lendemain de la première élection présidentielle libre du pays.

Ce rapport, sous forme d’étude de cas, a pour vocation d’approfondir autour d’une zone géographique précise la compréhension d’enjeux sociaux, démocratiques et économiques croisés. Il pourra être utile aux organisations ou aux mouvements travaillant sur certaines des questions abordées afin d’appréhender de façon plus transversale des problématiques comme l’accès à l’eau, le pouvoir et la responsabilité des multinationales, les implications des accords de libre échange et d’investissement ou encore la justice écologique. Il permettra d’alimenter d’autres travaux avec des exemples concrets en Tunisie, mais l’approche transversale s’applique à la plupart des contextes de luttes sociales, écologiques et économiques.

La Tunisie est un contexte particulièrement éclairant sur l’imbrication des questions démocratiques, économiques et sociales. En effet, le pays est depuis 2011 dans un processus de « transition démocratique » où les demandes de transformation sociale et économique se confrontent, malgré la révolution, à des structures économiques, financières et étatiques rigides, qui ne prennent pas en compte l’urgence et la gravité. Depuis janvier 2011, les réponses nationales et internationales face aux revendications populaires diverses, loin de remettre en cause les choix politiques qui perpétuent les inégalités, ont même confirmé ces choix. La Tunisie fournit également un exemple concret, et contemporain, de l’intrication entre libéralisation du commerce et de l’investissement étranger et contrôle étatique et bureaucratique puissant.

Le contexte tunisien permet donc de réfléchir, à la fois au niveau régional et au niveau global, aux différentes approches possibles pour revendiquer, défendre et concrétiser la primauté des droits humains sur les intérêts économiques et financiers privés.

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